HUIS CLOS

Entrevue à HUIS CLOS avec CRABE

Entrevues réalisées par Elsa Fortant pour HUIS CLOS

En exclusivité pour HUIS CLOS, le duo punk CRABE interprète live son prochain album : Sentients.
Préparez-vous à y découvrir des collaborations locales et des expérimentations électroniques qui jouent avec les codes traditionnels du punk. Ce n’est pas tout ! Le duo planche actuellement sur la réalisation d’un film, prévu pour la fin de l’été. L’actualité musicale montréalaise des prochains mois sera définitivement placée sous le signe du CRABE.

Quelles sont les nouvelles depuis le tournage de HUIS CLOS ?

Gabriel :
Ça va bien. On est toujours en fonction, on a réussi à continuer d’avancer au travers de la pandémie, sécuritairement. On lance notre prochain album, Sentients, dans pas long. On va commencer à sortir des singles cette semaine, en même temps que la diffusion du HUIS CLOS. Et grosse nouvelle, on s’est mis sur le projet d’un film.

Est-ce que vous réalisez, vous composez la bande originale… ?

Gabriel : On fait tout ! Mertin et moi coréalisons : de la scénarisation au montage. C’est le premier film qu’on fait ensemble donc on s’est quand même gardé ça simple. Ça va être un genre de semi fiction, caméra à l’épaule, y’a des bouts qui font un peu documentaire… C’est une mise en abyme de la sortie de l’album Sentients. C’est vraiment l’album sur lequel on a beaucoup d’invités spéciaux, symboliques pour nous car proches musicalement et personnellement et on voulait le mettre en valeur. Dans le moyen métrage on en a profité pour mélanger des sessions live comme si on faisait le lancement et s’ajoute à ça une intrigue qui met en scène les différents invités. L’esthétique du film c’est vraiment DIY. Les pièces y sont interprétées différemment de sur l’album. C’est surtout le fun de faire un projet avec toutes les personnes impliquées dans le projet.

Qui sont ces invités et est-ce que la pandémie, qui a forcé le ralentissement des activités musicales, a finalement ouvert une fenêtre pour que vous puissiez collaborer tous ensemble ?

Gabriel : Oui, on a Laurence-Anne, Hubert Lenoir, Vincent Peake, Dan Mongrain, Infopolice, Yuki, Jean-Michel Coutu, Benoit Poirier… On a commencé ce projet il y a vraiment longtemps, la plupart des choses étaient enregistrées avant la pandémie c’est donc pas applicable. Le film on l’a tourné pendant la pandémie par exemple et ça a rendu ça plus difficile, de s’assurer que tout soit en règle. Ce qui a permis autant de collaborations je pense que c’est parce que CRABE ça fait longtemps qu’on roule, on est smatte avec tout le monde et le monde nous trouve smatte, ils ont envie de collaborer avec nous autres et ça leur fait plaisir.

Qu’est-ce que vous pouvez nous dire de l’esthétique de l’album ?

Gabriel : Le travail de création musicale est vraiment différent de ce qu’on a fait avant. On a exploré avec de nouveaux instruments, avec d’autres personnes et c’est vraiment la première fois qu’on a autant de collaborations sur un projet. C’est vraiment un album d’exploration qu’on considère encore punk mais on voulait s’éloigner du son punk, en explorant d’autres instruments plus électroniques avec lesquels on voulait justement plus aller vers le punk. On voulait se détacher de l’aspect traditionnel de notre punk.

Comment est-ce que ces nouveaux instruments ont changé ta façon de jouer ?

Gabriel : Sur l’album qui est à paraître je ne joue pas de batterie acoustique, je joue juste de la batterie électronique, des séquences et du clavier. Après on voulait rendre notre set hybride comme semi traditionnel semi électronique, c’est là que j’ai décidé de mettre des triggers sur ma caisse claire et mon kick. Je déclenche des séquences et je joue du clavier en même temps que je joue du drum. C’est vraiment pour optimiser car finalement les compositions sonnent bien en studio et en live on trouvait qu’on perdait un peu de punch, c’est pour ça qu’on est arrivés à cette formule. Moi ça me permet d’intervenir harmoniquement sur les pièces, ce que je ne faisais pas avant. Dans l’aspect collaboratif entre Mertin et moi dans la composition ça nous donne des outils pour être encore plus ensemble lors de l’élaboration des pièces.

De quels instruments électroniques s’agit-il ?

Gabriel : J’ai un Roland SPD (ndlr : un pad numérique qui permet de faire de la batterie ou des percussions) et ça déclenche des séquences qu’on créé nous-mêmes, des fois on fait juste voler des sons sur YouTube. Connecté à ça, que je peux activer directement, il y a ma caisse claire et mon bass drum sur lesquels il y a des micros-contacts. À chaque chanson, on peut choisir un son de caisse claire, un son de bass drum qui viennent se superposer au son acoustique. On peut trouver des timbres de batterie qui correspondent à la vibe qu’on veut. Je joue aussi des lignes de clavier, des fois des mélodies, des fois des lignes de basse à ma main gauche sur un clavier midi qui est connecté à mon ordinateur.

Comment as-tu appris à utiliser ces machines ?

Gabriel : Je suis quelqu’un d’autodidacte mais ça a été long avant d’en arriver au point où je suis confortable. Mes recherches se concentrent sur essayer de trouver un son et un style de jeu qui me correspondent, ma signature musicale.

Changer le set-up est-ce que c’est une prise de risque finalement?

Gabriel : Ça nous permet d’évoluer dans la façon dont on travaille ensemble.
Avec CRABE on essaye tout le temps de sortir de notre zone, d’aller vers des concepts qui nous font plaisir et qui nous permettent de recherche. On est confrontés positivement à des nouveaux défis de travailler ensemble. Ça change définitivement nos interactions.

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